Le TOP

Les causes du TOP

Il apparaît bien souvent avant 6 ans, rarement après les premières années d’adolescence, et surtout chez les garçons qui ont présenté très jeunes un tempérament difficile ou une hyperactivité motrice.
Il peut très bien ne survenir que dans la sphère familiale. S’il s’étend aux autres environnements, c’est que sa sévérité augmente.
L’enfant, lui ne se voit pas hostile ou provocateur mais dit réagir à des injustices ou des demandes exagérées.

Les origines observées :

– L’inconsistance éducative : abandon de l’autorité ou excès, parents qui ne respectent pas leurs propres règles (promesse de punition qui ne vient jamais), incohérence entre les parents,
– Enfants impulsifs, inattentifs, bombe émotionnelle (le TDAH est un facteur de risque important pour le développement du TOP) *,
– Parents immatures, impulsifs, inattentifs, déprimés, hostiles, rejetants,
– Facteurs familiaux : un parent qui présente lui-même des troubles de l’humeur, de TOP, un trouble des conduites, un TDAH ou qui a une personnalité antisociale ou des troubles liés aux psychotropes.
– Alcoolisme, éducation monoparentale, conflits conjugaux, chômage ou difficultés financières mal vécus, stress parental.

* L’enfant TDAH n’est à l’origine pas forcément opposant mais sa façon de toujours partir dans tous les sens entraîne de l’exaspération et s’enclenche alors le mécanisme du TOP.
Il y a donc une grande part du TOP qui est expliquée par les facteurs éducatifs familiaux mais on suppose aussi une interaction avec des facteurs génétiques.

TOP + TDAH rendent la vie compliquée : plus de conflits avec l’environnement familial, avec ses pairs, avec l’équipe éducative… c’est un comportement qui pousse au rejet, à l’exclusion et parfois, à un échec scolaire… L’enfant est d’humeur labile, a une grande intolérance à la frustration et une faible estime de soi (ces caractéristiques étant déjà celles du TDAH, on comprend que l’enfant qui cumule un TOP est encore plus en difficulté).

Pour l’enfant, les risques sont importants car « il accroît le risque de consommation précoce d’alcool, de tabac ou de drogues illicites » à l’adolescence.
Ce sont aussi des adultes qui « connaissent plus de difficultés d’adaptation liées à un tempérament antisocial, à des difficultés de contrôle des impulsions, ainsi qu’à l’abus de substance, l’anxiété et la dépression ».1*

Etre TDAH jeune augmente le risque d’avoir un TOP adulte. Ce risque est aussi plus fort selon le sous- type de TDAH :
– 25 % pour les TDAH de type mixte ou hyperactif/impulsif,
– 9% pour ceux dont l’inattention est prédominante.

La spirale du TOP

L’opposition pathologique n’est pas continue au cours d’une journée mais apparaît sous forme d’épisodes aigus, alternés, avec certaines phases de comportements adaptés.
Quand on lui donne un ordre qui n’est pas de son goût (ranger, par exemple), l’enfant opposant n’y répond pas tout de suite. A force de répéter l’ordre, le ton monte et il y a alors deux cas de figure :
– Il obéit et les deux parties pensent avoir gagné : pour le parent, l’enfant a obéi et obéira donc la prochaine fois… alors que l’enfant, lui, se dit qu’il a gagné du temps…
– Le parent renonce, lassé et il se discrédite alors auprès de l’enfant.

L’inconsistance éducative, si elle se renouvelle fréquemment, fait le lit du trouble oppositionnel avec provocation. Le comportement s’étend ensuite à d’autres domaines et gagne toutes les situations sociales où l’enfant devra accomplir des tâches qui ne lui plaisent pas. Pour éviter celles-ci, l’enfant développe des conduites de refus : colère, mensonge, agressivité. On évite donc de lui demander quoi que ce soit pour ne pas déclencher les conflits… ce qui finit par peser sur la fratrie et celle-ci peut se mettre à adopter le même comportement pour avoir la même dispense…
Les tensions engendrées diminuent les temps familiaux agréables et la famille s’isole.